La vie sans style, une déco plus vraie

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

Parce que j’adore le style d’Emily Henson.

Parce j’adore le duo qu’elle forme avec la photographe Debi Treolar.

Et parce que dans son dernier livre, elle prend le contre-pied de son métier en nous parlant du non-style, ce qui est un comble, j’avais envie justement de parler de ce livre LIFE UNSTYLED, how to embrace imperfection and create a home you love, soit la vie sans style, comment exploiter les imperfection et crée une maison que vous aimez.

Quid du métier de styliste déco

Avant de m’atteler à un blog de déco, je ne savais même pas que le métier de styliste déco existait. Jamais entendu parlé et je suis certaine que beaucoup d’entre vous, ne connaissent pas ou pas encore bien ce métier. Je visualisais à peu près celui de la styliste mode : la nana qui habille les filles pour les pages modes des magazines. Cependant dans ma petite tête, je n’aurais jamais imaginé que des personnes pouvaient être payées à mettre en scène des intérieurs. En fait, je n’y avais jamais prêté attention, comme si ce que l’on me donnait à voir était naturel.

Aujourd’hui, je porte un regard plus critique sur ce métier, parce que l’air de rien avec la montée des réseaux sociaux, ce métier a pris beaucoup plus d’importance d’avant. Quelque part, les stylistes qui mettent en scène envahissent notre quotidien et nous « imposent » un style, une façon de voir. Et comme cela ne concerne plus que des professionnels, mais toutes les personnes qui font du business sur le web, c’est quand même important d’en parler.

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi TreolarLIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

La vraie vie ne ressemble pas à une page de catalogue, mais ça, vous le savez surement.

La styliste arrange le décor

Quand je discute avec les gens, j’entends souvent qu’ils ne lisent plus la presse déco, parce que entre autres, c’est toujours pareil. C’est intéressant comme réflexion, parce que non, ce n’est pas pareil, mais que la façon de mettre en scène est effectivement toujours à peu-près la même.

Quand une styliste arrive dans les lieux, elle peut modifier toute la déco en disposant le mobilier différemment, quitte à déplacer des meubles, des objets, des tableaux d’une pièce à l’autre. Elle construit un décor comme pour une scène de cinéma. Elle a appris des trucs et astuces pour mettre en scène les objets, créer des ambiances. Rien ne doit échapper à son œil affûté. Tous les détails doivent être passés à la loupe. On en retire et corrige comme le pli du coussin qui est lissé [ Très important, le pli du coussin ], la feuille jaune de la plante coupées, et on en rajoute comme le verre négligemment posé au coin d’une table.

Ensuite comme pour les mannequins, les photos sont corrigées. « Photoshop est mon ami flatteur ». La prise électrique mal placée est subversivement effacée, les fils de la télé aussi. La lumière est modifiée, les points de fuite corrigés, les reflets dans le miroir estompés.

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

Life Unstyled par Emily Hanson – Photo Debi Treolar – de 12,27 € à 23,40 € sur Amazon

Emily Hanson

Tout comme ce blog [ du même nom ], le livre Life unstyled est né comme une forme de rébellion contre les normes incroyablement élevées, établies par les magazines et les médias sociaux. Très souvent, ils ne capturent qu’un moment dans le temps. Une pièce stylée est bien meilleure à  regarder. Peu importe que juste en dehors du cadre, règne généralement le chaos et le désordre. Nous ne le voyons pas. Nous voyons juste le cliché impeccable et sans encombrement qui nous fait souvent, nous sentir mal en comparaison à notre propre intérieur moins parfait.

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

« Sans style » ne veut pas dire absence de style

Ne soyons pas hypocrite, on préfère regarder les intérieurs stylés, bien éclairés, bien rangés que ceux qui ne le sont pas. On a beau dire, même si ça nous complexe l’esprit, que celles et ceux qui ont le plus d’abonnés sur les réseaux sociaux sont en général ceux qui mettent en scène leur vie. Cependant, il ne faut pas comprendre « aseptisation » et « mise en scène ».

Haro donc sur les décors trop calculés, parce que ce je trouve de particulièrement insidieux dans tout cela, c’est qu’on tente de reproduire, ces mises en scène chez soi : genre l’étagère scandinave avec sa poterie, trois livres et un cadre. Dans la vraie vie, cette étagère aurait vraiment « servi ». On aurait rangé des livres de cuisine avec un minuteur, des vieux pots de confiture et je ne sais pas moi, une gousse d’ail suspendu sans se poser la question du « style ». Mais en fait, comme cela, ça a dû style, mais on l’a un peu oublié et je pense que c’est le message qu’essaie de nous faire passer Emily Henson.

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

Six bonnes raisons d’adopter la vie sans style parce que …

1 – Nous ne devons pas oublier pas d’être nous mêmes.

2 – Nos passions sont importantes.

3 – Un défaut peut être un point de distinction, pas un inconvénient.

4 – La créativité l’emporte sur la consommation.

5 – Le changement est la seule constante.

6 – Le temps crée des textures que l’argent ne peut pas acheter.

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

LIFE UNSTYLED, le livre par Emily Henson - Photo Debi Treolar

Alors ce que j’en pense vraiment…

Si je vous en parle, c’est que j’aime vraiment cette proposition, car ce sont des postulats que je partage. J’émettrai cependant un bémol sur la proposition d’Emily Henson, c’est que les intérieurs qu’elle a sélectionnés pour son livre sont extrêmement bohèmes. Certes, il ne faut pas chercher la perfection dans son intérieur, un intérieur est rarement parfaitement rangé, mais tout le monde n’aime pas les vieux meubles rafistolés, les accumulations d’objets, les murs craquelés… n’est-ce pas ? 

Si il ne faut pas essayer de reproduire ce que l’on voit dans les magazines et surtout éviter de se mettre la pression, mais on peut avoir un intérieur vivant, tout en adoptant le style contemporain ou scandinave minimaliste.

Et vous vous en pensez quoi ? Ce livre vous tente ?

Lire aussi :

lobsterandswan.com + blog.abigailahern.com + blog.etsy.com


  1. christelle

    10 novembre

    j’ai toujours l’impression que, dans ce genre de proposition, LA PHOTO est un élément à elle seule : d’abord parce qu’elle sait mettre l’accent sur une chose, une composition, un meuble, une imperfection qui devient de ce fait une « œuvre d’art ». Parce que la photo cadre, qu’elle définit, qu’elle raconte….

    J’ai donc l’impression qu’une fois dans la pièce, la cacophonie visuelle peut vite prendre le dessus sans ce filtre.

  2. lolabelle

    10 novembre

    Un moment que je sature des dictats des blogs déco and cie qui nous poussent à vouloir sans cesse autre chose, autrement, plus…donc ce livre ne pouvait que m’attirer tout comme ton article!
    Cependant, un truc me gêne un peu aux entournures: ces photos qui, si j’ai bien compris sont issues du livre de cette styliste, j’ai du mal à voir en quoi elles sont « sans style »! Comme tu le dis, ces intérieurs sont bohèmes, un peu vintage/récup rien en commun avec le style de Mr et Mme tout le monde! Oui, parce que les chaises Eames ou pseudo fourmi c’est déjà du style, la biblio pleine à craquer c’est aussi du vu et revu dans les mags déco, la lampe et la tête de lit DIY ou les murs « bruts », ma foi, je vois mal le commun des mortels qui n’est pas un minimum branché déco avec tout ça chez lui!
    Pour moi, le sans style c’est chez ma mémé qui s’en contre fiche d’afficher les 50 photos de ses arrières petits-enfants ou d’avoir des meubles années 70 pas parce que c’est scandi ou vintage juste parce que ce sont ceux achetés quand mon grand-père et elle le pouvait…

    Donc, tout ce laïus (désolée pour le roman mais parfois tout ça (auquel je participe moi-même) me donne un peu beaucoup la nausée), pour dire que je ne risque pas d’acheter ce livre qui m’a tout l’air du plaidoyer de la stylise bobo qui crie au ras le bol tout en alimentant à son tour ce monde de la consommation à tout va!
    Parce que quand même, faut que je le dise quelque part, ça me soulagera un peu la conscience, cet univers déco où l’on s’achète un lustre à 700 euros (j’ai en tête la Vertigo que je convoitais il y a peu mais bien d’autres objets pourraient être cités comme les papiers peints à 150 euros le rouleau ou la table basse à 2000 euros) alors que c’est souvent le revenu d’un salarié qui doit bouffer, se loger…avec cette somme, ça laisse comme un goût amer au fond de la gorge!

    PS: désolée pour se déballage un peu politiques mais le contexte récent des élections américaines ne doit pas être étranger à mon agacement 😉

    et sinon, merci pour cet article qui sort des sentiers battus 🙂

    • Emma May

      22 novembre

      Lolabelle je ne te connais pas mais je suis tellement d’accord avec toi et surtout contente de rencontrer ENFIN qqun qui met du politique dans la déco parce que bon des fois j’en ai marre du monde bisounours des blogs mais surtout d’IG. Après je trouve quand même que les photos du livre peuvent illustrer le propos, en ce sens qu’on est très loin des grosses tendances qu’on voit partout en ce moment, là ce sont des déco plus intemporelles, je trouve. Je pense à la chambre que l’on voit, avec ses lampes en feutre, cette tête de lit un peu roots… Elle aurait pu être prise en photo il y a 10 ans sans pb (alors que quand tu ouvres tes magazines de déco d’il y a 10 ans et même 5 ans ben tu vois ce qui était à la mode à ce moment là et ça a déjà changé). Tu dis  » ma foi, je vois mal le commun des mortels qui n’est pas un minimum branché déco avec tout ça chez lui! » et en effet, le message de ce livre c’est d’être créatif en déco, de ne pas suivre les diktats, ce que l’on appelle donc les « styles » (=vintage, bohème, scandinave, industriel…) mais c’est un bien un livre de décoration, pas un livre de photos d’intérieurs non décorés… Bon je ne sais pas si je suis claire mais en tous les cas merci pour ce commentaire Lolabelle.
      Et Clémence, merci pour cette découverte, je me lance dans la déco ailleurs que dans ma maison (mise en scène d’une maison avec que des meubles et objets fabriqués en Limousin et alentours, projets de conseils) et je fais mienne cette éthique !

  3. kielut

    11 novembre

    Merci pour cet article critique qui me donne envie d’acheter le livre, juste pour les photos. Bohème ou bordélique ? Peut-être les deux, mais ces intérieurs semblent d’abord vivants. C’est ce qui m’importe…

  4. Marge83

    11 novembre

    J’adhère totalement au propos de Lolabelle : le « sans style »c’est encore du style….! Il faut bien « innover » : le fond est le même la forme change…. Et… : oui, le porte-monnaie donne le ton, fauchée ou presque, avec des fins de mois difficiles (dixit Lolabelle) et c’est le cas de bon nombre d’entre nous, avide de déco : on fait dans la récup’famille, les puces, vide grenier, en passant par un détour chez Emmaüs, Ikéa, Confo où Maison du Monde … Et je me demande si au fond la créativité et le style ne se trouve pas là de ce côté….. Parce que mixer tout çà est mine de rien tout un art sans avoir l’air…. Et des articles sur l’intérieur de » Madame Tout Le Monde » sachant pratiquer avec panache cet exercice de styles seraient intéressant car le véritable reflet de bien des intérieurs!
    Je suis régulièrement ton blog parce qu’il y a un réel parti pris pour les  » chemins buissonniers »et c’est une bouffée d’air frais dans ce monde déco formaté…. merci et « bonne route »

  5. Julia

    12 novembre

    Oui, merci pour cet article ; il me plaît et m’interpelle. En phase avec ‘et surtout éviter de se mettre la pression’ et avec les commentaires de Lolabelle et de Marge83. A travers la passion de la déco intérieure, manière de rien, on apprend beaucoup sur le pouvoir des couleurs, les matières, matériaux et textures, la puissance de la lumière naturelle ou artificielle mais aussi celle de l’ombre, l’architecture, l’art, l’histoire, la géographie, la nature, la psychologie et la sociologie etc. Si on peut difficilement échapper aux tendances en cours, cela n’empêche pas d’y réfléchir pour ne pas s’y jeter à corps perdu. Plutôt que ce livre dont le titre est bien tentant, je crois que je vais me procurer celui de Jean-Philippe DELHOMME, sorti en 2000, ‘le drame de la déco’, regard humoristique en 60 planches couleurs. Aimer la déco et savoir en rire. Que la déco nous apporte une réflexion amusée sur nous-mêmes, sans prise de tête, c’est un heureux prolongement. Plus on considère la diversité des intérieurs proposés sur le net , mais aussi le formatage qui s’y installe, mieux on peut se retrouver et cultiver sans prétention sa propre personnalité. Etre soi-même chez soi, c’est la moindre des choses, plus la peine d’expliquer pourquoi on a choisi tel meuble ou telle peinture. Et pourtant j’adore toujours discuter avec des professionnels ou des fans de déco. Au coeur de la déco, surtout un art de vivre avec les autres, surtout pas pour la galerie. Alors, de la décontraction, du mélange, un intérieur pas trop lisse qui supporte d’autant mieux le désordre (qui donne le plaisir de ranger pour déranger à nouveau), des objets qui nous parlent, de l’accueil, de l’échange et de la vie. Ce blog y participe.

    • Clémence

      14 novembre

      Bonjour,
      Je vous remercie toutes les trois pour vos longs commentaires, auxquels je réponds en tir groupé ce matin.

      J’ai commencé ce blog, parce que j’avais envie de partager mon goût pour la déco, et dans un sens général mon goût pour le bien vivre qui concerne autant son intérieur, que l’alimentation, les ballades en forêts, le fait de parler à ses voisins, d’être sympa avec ses commerçants du coin… Toutes les petites choses de la vie qui peuvent la rendre plus agréables dans ses temps difficiles.

      A l’époque, je n’avais pas de beaucoup de sous Je sortais d’un boulot de vendeuse (mal payé) dans une boutique de déco qui proposait des produits que je pouvais à peine m’offrir, sauf les pots de peinture de 0,5 l ! Par la suite, j’ai pu m’offrir quelques pièces design qui sont venus remplacer des choses achetés chez Emmaüs. Je me boboïse, mais je garde les pieds sur terre, enfin je l’espère.

      Mais j’ai quand même eu envie de parler « déco », même si j’ai bien conscience que la déco arrive bien après le loyer, les courses, l’habillement, les sorties et les vacances. Je sais bien que je présente des intérieurs qui sont inabordables pour la très grande majorité d’entre nous, des hôtels inabordables pour la plupart, des meubles design horriblement chers. Mais j’adore décrypter tout ça, parce que même dans un bel intérieur de luxe, on peut s’inspirer des textures, des couleurs, de l’aménagement… On peut avoir envie de relooquer un meuble en s’en inspirant, de bricoler un objet.

      Par contre, je devrais peut-être développer sur le blog le système D : plus des propositions de DIY ou des idées déco faciles à mettre en œuvre et pas chères, de sélection design petits prix. En fait, je me perds faute de temps !

      Bon, en tout cas, merci de me lire. On est d’accord l’essentiel est surtout de se sentir bien chez toi et cela passe loin des diktats des tendances.

      Belle journée,

      Clémence

      PS : Je suis d’accord Emily Henson n’a pas pris en photo la maison de Monsieur et Madame Tout le monde et ces intérieurs sont « stylés » mais je crois qu’elle est sincère dans sa démarche.

  6. Pascale

    25 novembre

    Que de réactions passionnées pour le travail de cette dame. C’est intéressant et tellement inhabituel sur un blog déco ! Pour ma part, je ne vais certainement pas acheter ce livre dont les photos me donnent le tournis. En les regardant j’ai davantage le sentiment que le décor a été étudié pour coller à un style bohème justement, et qu’il y a peu de place au hasard dans la mise en scène. Certes, cela ressemble a un grand « foutoir » et pour moi s’en est un et je rejoins Lolabelle quand elle écrit que le non style est plutôt le salon de grand mère qui a gardé les meubles et la tapisserie de l’année de son mariage avec grand père. Du bazar, oui mais avec modération et je préfère un mix de bric et de broc associé à des pièces plus sobres.

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