Le tampographe Sardon : graphisme drôle et ultra-caustique

Vincent Sardon fabrique des tampons et il rouspète, ce n’est pas moi qui le dit, c’est son éditeur. En même temps, y a qu’à voir son blog pour le savoir.

LE TAMPOGRAPHE NE FABRIQUE JAMAIS DE TAMPONS SUR COMMANDE. IL N’AIME PAS LES ARTISTES, IL S’INTÉRESSE PAS À LEUR TRAVAIL, IL N’A AUCUNE CURIOSITÉ POUR LES MERDES QU’ILS PRODUISENT GÉNÉRALEMENT, S’IL POUVAIT IL LES EMPLOIERAIT VOLONTIERS À GOUDRONNER LES ROUTES, CURER LES FOSSÉS, VIDER LES POUBELLES OU CREUSER LE CANAL SEINE-VOLGA.

Ce sont les premiers mots de Vincent Sardon sur son son blog. Bienvenue sur Sardon’s land, et on n’est pas chez les Bisounours, c’est du costaud, pas toujours fin, mais toujours drôle. En tout cas, moi, ça me fait sourire. J’adhère complètement à cet humour noir. Décalé. Corrosif. Punk. Désabusé.
Je le suis moins quand il se met à insulter les gens, tout le monde n’est pas capable d’adhérer aux Fluides galaciales et à Charlie Hebdo, aux vulves en peluches ou de parler comme un charretiers. Ce qui fait que j’ai un temps hésité à parler de lui sur mon blog, mais je dois reconnaître que j’ai craqué sur son travail en lisant l’article qui lui était consacré dans Côté Paris (octobre/novembre 2012). Ses tampons sont caustiques et à l’esthétique graphique que j’aime. J’ai un faible pour le graphisme en noir et blanc, les vieilles gravures et le bizar. Je me ferais bien une affiche de ses tampons.

Vous pouvez aquérir un tampon à partir de son blog ou sur sa boutique en ligne letampographe.bigcartel.com.

A la question qui êtes vous ? Il répond : « JE FABRIQUE DES TAMPONS, JE LES VENDS ET AVEC LES SOUS JE M’ACHÈTE À BOIRE. »

La vérité est que Vincent Sardon ne sait pas pourquoi il fait des tampons.
« C’est venu comme ça. Ça a poussé tout seul, ça a pris presque toute la place, ça a réduit en poussière tout ce que je faisais d’autre. J’étais dessinateur avant ça (illustrateur pour Libé notamment, et auteur de la BD Mormol, entre autres). Pour des journaux sérieux, pour des revues de bande dessinée exigeantes. Plus rien à foutre. Comme ça, brutalement, un jour, j’ai plus pu. Je pouvais plus les blairer: les journaux, les auteurs, leurs gnagnagnas étalés sur des pages et des pages. Je me suis enfermé et j’ai créé le Tampographe. »

Au bout de cette aventure, un blog qu’il anime régulièrement le-tampographe-sardon.blogspot.fr, des expos dans des lieux culturels prestigieux (Musée des Arts Décoratifs avec « Toys Comics » et à la Maison Rouge avec « Usages de faux »), et un livre (ci-dessous), édité par L’association. Ce livre est le journal de création du Tampographe Sardon, qui raconte quatre années de production artistique, de mauvaises vibrations et de vie d’atelier.

Le Tampographe est un très beau livre d’art, atypique, touchant, soigné et surtout très drôle. Un pur moment de bonheur iconoclaste.

« L’installation Usage de Faux, que j’ai faite à la Maison Rouge en 2009. C’était en accès libre, on pouvait réaliser gratuitement de fausses oeuvres d’artistes célèbres et très chers, et quelques autres bricoles. »

Sur la fabrication des tampons

Quand j’ai vu ses tampons, surtout les insectes, cela m’a donné envie de me remettre à fabriquer des tampons. J’étais prête à racheter de la planche de lino à gratter comme on faisait aux Beaux-arts, je me mettais même à regarder mes patates autrement. Je me suis lourdement trompée. Fabriquer des tampons, c’est un métier, et cela demande beaucoup de manoeuvres.

Y-a-qu’à-voir la vidéo qui a été tournée par Patrick Arnold pour le Centre Pompidou, présentant le Tampographe Sardon en train de Fabriquer des tampons.

Source : Première photo : Valérie Lhomme pour le magazine Côté Paris (octobre/novembre 2012)
+ Photos trouvées sur le blog du Tampographe Sardon et sa page Facebook.


  1. sébyleau

    16 novembre

    ah merci merci, quel régal ce type
    je m’éclate à lire son blog grâce à vous

  2. Céline

    15 novembre

    Très sympa ce reportage, j’adore les tampons squelette !

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