
Après avoir parlé cuisine durable, j’ai croisé la route de cette incroyable cuisine, composée d’azulejos anciens, mixés avec des façades contemporaines. Azulejos ? Vous l’avez deviné, nous sommes à Lisbonne, dans le quartier résidentiel de Lapa. Cette maison du XIXe dégage, même en photographie, une ambiance particulière entre passé et présent. Son charme tient à ce qu’elle n’est absolument pas « tendance ». On imagine une maison familiale, comme avant les réseaux, où la décoration était importante, tout en étant secondaire. Je trouve que cet exemple invite à se prendre un peu moins au sérieux, en redonnant nos maisons leur fonction d’être habitées, plutôt que d’être montrées.
En ce moment, la nostalgie des années 90/2000 est partout. Ce n’était pas forcément « mieux », mais on se regardait certainement moins le nombril ! En tout cas, un peu moins. Dans les années 80/2000, nous étions moins pressés, moins pressurisés par les injonctions esthétiques… et nos maisons portaient ce mode de vie.
À l’époque, on décorait avec ce qu’on avait : des meubles de famille, de la récup’ ou du mobilier FLY, Habitat, pas encore trop d’IKEA. C’était sans doute beaucoup moins glamour, très provincial, mais beaucoup plus libre et déculpabilisant.
Le luxe aujourd’hui serait de retrouver un peu de cette liberté et de cette simplicité de faire. Créer des intérieurs qui ne se démodent jamais, simplement parce qu’ils ne cherchent pas à plaire, mais surtout à nous plaire, un peu comme cette maison.
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Pourquoi cette cuisine aux azulejos anciens ne sera jamais démodée ?
Soyons honnêtes la maison est incroyable : 240 m2 sur 4 niveaux, ouverte sur un joli jardin qui sent bon le sud ! Elle a été rénovée avec beaucoup de délicatesse, préservant son charme d’antan, tout en lui injectant de la modernité.
Le mur de carreaux portugais attire tous les regards. C’est la vedette de la maison. Ils portent une histoire de cuisine familiale. Le côté brut de ces tuiles n’empêche pas d’installer du mobilier de cuisine design sur-mesure, bien au contraire. Les lignes épurées se marient toujours bien avec le « rustique », car cela crée un contraste. Notez que vous pouvez faire l’inverse, injecter des matériaux anciens de récupération dans un intérieur contemporain.
L’ensemble de cet étage a été peint en blanc cassé qui capte chaleureusement la lumière. J’avoue que pour ma part, j’aurais osé de la couleur dans la partie cuisine en liaison avec les azulejos bleus et les meubles marine.
Ce blanc dit aussi une envie de simplicité, de minimalisme visuel, un peu comme le minimalisme des années 90. Et il revient !



Pourquoi le « total look » est l’ennemi d’un intérieur durable
Dans le salon, la cheminée a été habillée de carreaux artisanaux créés sur-mesure par un artiste de Porto. En se fondant dans la teinte des murs, ils apportent de la brillance, , une touche subtile de sophistication.
Le mobilier paraît ordinaire à première vue. Il ne l’est pas. Je reconnais des pièces d’éditeur, je lis que des meubles ont été réalisés sur-mesure, mais l’ensemble ne fait pas du tout ostentatoire. On sent qu’il a vécu.
Pour moi, c’est la clé d’une bonne déco. Il faut arrêter de chercher le « total look ». L’imperfection est le secret de la durabilité visuelle.
Une pièce séparée à ce même niveau a été convertie en bureau vintage. On dirait un décor des années 70 avec ses panneaux sur mesure en bois teinté et vert bouteille, avec sa méridienne chinée et son tapis usé.
Mes conseils pour réussir un mix « Ancien et Design »
- Le secret du plancher verni :Privilégier une huile-cire ou un vernis mat plutôt qu’un vitrificateur grand passage trop brillant qui étouffe la matière. Cela fait ressortir le mobilier contemporain, faisant le liant entre cachet et confort de vie.
- Le Mix & Match du mobilier : Ne cherchez pas à tout assortir. Dans cet étage, on croise des pièces iconiques du design (type chaises Rey ou tables minimalistes) à côté de meubles sur mesure comme la table de salle à manger massive.
- La règle de la « Respiration » : Remarquez comme les murs sont peu chargés. Pour que vos azulejos ou votre beau parquet s’expriment, il faut savoir laisser des pans de murs vides. C’est ce vide qui donne de la valeur à vos objets préférés.

Liberté et simplicité au rez-de-chaussée
Le premier niveau abrite la zone privative, certainement installée en rez-de-jardin pour plus de fraîcheur en été. Elle est le continuum du décor de la maison, avec un côté désuet qui fait tout son charme, du papier peint à fleurs et des couleurs douces.
Une chambre a même été peinte en bleu pastel, une autre a été laissée en blanc crème, tandis que la salle de bains arbore un sol en damier rouge et blanc, écho direct à la terrasse extérieure.
Dans cette partie intime, le design ne s’efface pas pour autant. On y croise notamment le lit Kalon studios, des lits enfants écologiques et design qui sont transformables en banquette, que j’adore… malgré leur prix !








La maison est à vendre sur le site immobilier fantasticfrank.com – Possolo, Lapa
J’espère que cette visite vous a plu. Cette maison lisboète est la preuve qu’un intérieur réussi n’est pas un intérieur figé comme un showroom. Pour moi, il est essentiel de rappeler que nos maisons ne peuvent pas être parfaites, en fait. La mienne ne l’est pas du tout : il y a des travaux à finir, des choses qui s’usent, des peintures à refaire. C’est un chantier sans fin, alors rien ne sert de courir. J’ai fini par l’accepter, même s’il n’a pas été facile de lâcher prise.
Finalement, le vrai luxe aujourd’hui, c’est peut-être de retrouver cette liberté des années 90 : décorer pour soi, pour sa famille, et non pour valider une tendance, se valoriser face aux autres. C’est accepter que notre maison soit, comme nous, un peu « turbulente ».








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