
Beni Rug est une marque qui me fait rêver, parce que j’aime les beaux tapis, et que ceux de Beni Rug sont exceptionnels, des vraies œuvres artisanales, réalisées par des artisans de l’Atlas. Pour leur dernière collection, le label marocain s’inspire des Alpes pour créer une collection nommée Chalet. Pour cette occasion, ils ont investi un refuge d’exception à Verbier, où le bois brut et l’architecture contemporaine servent d’écrin à leurs nouveaux tapis. En cette fin d’hiver, où quelques-uns d’entre vous, profitent des joies de la montagne, cet intérieur m’a inspiré cet article : l’artisanat qu’il soit d’ici et d’ailleurs, sublimera toujours les décors.
Ce qui rend la marque Beni Rugs si particulière, au-delà de l’esthétique, c’est la notion de « lignage vivant » qu’ils développent au fil de leur production.
Chaque tapis n’est en effet jamais un simple objet de décoration, il est unique et il raconte un savoir-faire ancestral. Comme l’explique la marque dans son journal, ces pièces sont le fruit d’une transmission : celle des gestes ancestraux des tisserandes de l’Atlas qui, depuis des générations, transforment la laine brute en œuvres d’art.
C’est pourquoi des collectionneurs traquent les pièces anciennes pour leur patine si particulière, et que d’autres n’hésitent pas à acquérir des tapis que des lignées de femmes continuent à perpétuer, malgré la pression de la production de masse.
Autres inspirations



La collection Chalet, un pont entre les montagnes de l’Atlas et les Alpes
Pour cette nouvelle ligne, sobrement baptisée Chalet, Beni Rugs nous propose un voyage entre deux univers de montagne. L’idée était de créer un pont entre la chaleur brute du Maroc et le confort douillet des sommets enneigés.
Les tapis de l’Atlas étaient fabriqués pour lutter contre les nuits froides du désert. Grâce à leur épaisseur et leur douceur, ils isolaient et protégeaient, réchauffaient les familles et les voyageurs.
La marque décrit cette collection comme une « téléportation nostalgique ». On y retrouve des pièces aux noms évocateurs : Après, Répit, Fenêtre ou encore Tomorrow’s Corduroy. Ce qui frappe, c’est l’épaisseur et la générosité du tissage. Les tapis affichent une hauteur de mèche, particulièrement haute, invitant à s’y enfoncer comme on le ferait dans une couche de neige fraîche, mais avec la douceur incomparable de la laine de l’Atlas.




Une palette chromatique inspirée par la terre et le sommet
La collection Chalet qui se compose de 10 nouveaux tapis évite le piège des blancs hivernaux attendus. Au contraire, la palette de couleurs emprunte ses teintes aux paysages marocains pour les réinterpréter dans un contexte alpin :
- Terracotta brûlée et argile Rhassoul pour réchauffer l’atmosphère.
- Bleu ombre et vert forêt pour rappeler les sapins et le crépuscule en montagne.
- Brun chocolat et beige taupe, évoquant les bois patinés des chalets centenaires.
Le modèle Tomorrow’s Corduroy, par exemple, revisite le motif à carreaux avec une subtilité graphique qui rappelle autant les boiseries suisses que les reliefs volcaniques.
La palette de couleurs du chalet répond aux teintes de ce chalet, un peu en clair-obscur. Les tapis cassent le côté « galerie d’art », en lui apportant une touche de texture et de confort. Ce chalet est la toile de fond parfaite pour présenter ces produits authentiques, mêlant les éléments contemporains aux pièces ethniques.


Décor de montagne design et tapis : un dialogue de matières et de lignes
Le chalet du collectionneur Emmanuel de Bayser, situé dans la prestigieuse station de Gstaad en Suisse est absolument exceptionnel. Il s’agit d’un grand penthouse avec une vue imprenable sur les cimes enneigées.
À l’intérieur, on y retrouve un aménagement qui reprend les codes attendus du chalet : omniprésence du bois brut, dans un esprit rustique, mais avec des matériaux inhabituels comme la cheminée en béton ou encore des fenêtres à petit bois, typiques des demeures anciennes. Emmanuel de Bayser ne voulait pas obtenir quelque chose de sophistiqué, mais plutôt une ambiance élégante, confortable et cosy, comme il l’explique pour lecho.be.
Pour autant, le luxe est là, les pièces design ponctuent tout le décor. On retrouve des pièces de pointe, signées Axel Vervoordt, Pierre Jeanneret, Rick Owens, Flemming Lassen, Charlotte Perriand, ou encore Pierre Augustin Rose, ce qui rend le décor très personnel, habité, composé.
C’est ici que la rencontre avec la collection Chalet prend tout son sens. En mêlant ainsi des éléments contemporains et design, à des pièces d’artisanat authentiques, Beni Rugs indique que le luxe moderne réside dans ce mélange des genres.


Photo : Billal Taright.
Pour moi, le beau n’a pas de frontière. C’est pourquoi je préfère parler d’artisanat d’ici et d’ailleurs plutôt que de céder au terme galvaudé : « ethnique ». On pourrait s’arrêter au constat amer que tout le monde ne peut pas s’offrir ce luxe. C’est vrai. Mais ce luxe permet de maintenir des savoirs ancestraux, notre patrimoine humain.
Il y a d’ailleurs quelque chose de fascinant, presque vertigineux, à imaginer le voyage de ces tapis : nés au cœur des montagnes de l’Atlas, ils finissent leur course dans le silence feutré d’intérieurs luxueux à l’autre bout du monde. Un trait d’union poétique entre deux sommets, qui nous invite à porter un regard plus conscient sur les objets qui nous entourent.








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