Bus Palladium 2026 : Le nouveau manifeste de la déco Glamour Rock

Restaurant du Bus Palladium, ouvert 24 h sur 24, et son décor Glamour Rock. Coup de cœur pour la bibliothèque de disques vinyle

Même si vous n’y avez jamais mis les pieds, vous avez forcément entendu parler du Bus Palladium, légende des nuits parisiennes ! Rue Pierre Fontaine, le club mythique renaît sous les traits d’un hôtel 5 étoiles magnétique, validé par son fondateur James Arch. Bien plus qu’une ouverture hôtelière, ce projet nous inspire côté déco : quels secrets de design se cachent derrière cette métamorphose pour que l’on ait, nous aussi, envie d’injecter une dose de ce glamour rock dans notre salon ?

Le Bus Palladium s’impose en effet comme le nouveau laboratoire du Glamour rock rétro.

Le Studio KO à la tête de cette transformation a imaginé un décor de film  entre béton brut et velours rose, où l’inox brossé dialogue avec le liège, et où la moquette à fleurs invite à une certaine transgression.

Mais qu’est-ce que le style Glamour rock ?

Le style Glamour rock est souvent associé à la décoration Disco ou aux ambiances de night-clubs des années 70 à 80 (+300% pour le style disco chic en 2024/25). Cette tendance qui ressurgit de temps en temps consiste à utiliser des codes de l’architecture des bars et des boîtes de nuit, dans un intérieur privé. Effet décalé assuré.

Le « Glamour rock vintage » explique donc, en partie, le grand retour de l’inox et des miroirs pour jouer avec les reflets, de la moquette pour le confort acoustique, ainsi que des objets iconiques : boules à facettes, néons colorés et meubles façon bar à cocktail.

Autres inspirations

La façade du Bus Palladium à Paris, en béton sablé avec son néon rouge qui se reflète

Les couloirs moquettés de rose orangé qui conduisent aux chambres

01 | Du sanctuaire rock au « Chelsea Hotel » parisien

Revenons sur l’histoire du lieu, pour bien comprendre son mental et ce qu’il nous inspire.

Il faut donc savoir que l’immeuble du 6 rue Pierre Fontaine appartient à la famille Casmèze depuis 1924, et que c’est encore le cas. Christian Casmèze, l’actuel propriétaire qui a vécu la transformation des lieux en club, en 1965 par James Arch, a toujours espéré cette renaissance. Tout l’enjeu du projet actuel est là : métamorphoser l’héritage familial et ce souvenir « foutraque et magique » en un lieu pérenne, tout en préservant l’étincelle de l’époque. Une dualité qui s’incarne d’ailleurs dès le nom, devenu iconique.

D’où vient le nom Bus Palladium ?

Palladium pour le faste du temple du mambo New-Yorkais, et Bus pour le coup de génie logistique de James Arch. Habitant en banlieue et ne sachant jamais comment rentrer après minuit, le jeune fondateur avait mis en place des navettes à 10 francs pour chercher les jeunes à Argenteuil ou Asnières. Un mélange d’élégance et de système D qui définit encore l’esprit du lieu.

La suite Dali, au décor Glamour Rock, mobilier vintage, murs miroirs, léopard et moquette rose

L’anti-club « bling bling »

Déjà, en 1965, le fondateur du Palladium, James Arch ne cherchait pas à trier les clients selon leur compte en banque, mais misait sur leur originalité. C’est ce qui a fait le succès et l’aura du lieu : une sorte d’anti-club où les stars croisaient la jeunesse dorée, les rockeurs et les artistes. Le lieu avait indéniablement un côté kitsch et cool.

Retrouver cette authenticité était le fil rouge de la réouverture.

Pour cela, le choix du Studio KO qui est connu pour son « glamour brutalisme »s’est imposé comme une évidence.

S’inspirant de la rigueur de l’architecte japonais Tadao Ando, le duo utilise le béton brut pour briser les codes du luxe guindé. Pour réchauffer cette structure, ils soufflent le chaud et le froid : murs en liège, moquette, cuir patiné et velours lourds pour le côté sensoriel ; inox et miroirs pour la théâtralité. Un mix inattendu qui signe ce « luxe chuchoté » cher à Caroline de Maigret.

La suite Dali, au décor Glamour Rock, avec son meuble cocktail vintage et ses enceintes vintage

La salle de bains en marbre veiné noir et blanc de la suite Dali, au décor Glamour Rock

L’ambition « Chelsea Hotel » : le luxe du désordre créatif

L’idée n’était donc pas de créer un énième hôtel 5 étoiles parisien, mais de faire revivre les belles nuits du Palladium en s’inspirant du célèbre Chelsea Hotel new-yorkais. Christian Casmèze et le groupe Chapitre Six ont donc parié sur un luxe mesuré qui laisse place à la créativité forte de Pigalle, loin des standards hôteliers policés de la place Vendôme.

Preuve de cet attachement au détail, les architectes Karl Fournier et Olivier Marty sont allés jusqu’à racheter la collection personnelle de vinyles de James Arch, qu’ils ont mise en scène sur un mur entier du restaurant.

La boîte de nuit du Bus Palladium avec son ambiance Disco, revisitée

Les ambiances nocturnes du Bus Palladium dans les années 70

@courtesy-of-James-Arch

02 | Le style Glamour Rock & l’esthétique Lynchienne

Le duo du Studio KO a pensé les aménagements de cet hôtel, comme une véritable scène de cinéma.

Inspirés par l’univers mystérieux de David Lynch, ils ont imaginé une architecture labyrinthique faite de méandres et de jeux d’ombres, sur 12 niveaux. Dès la façade, le ton est donné avec le choix d’une surface minimaliste, sablée pour capturer la lumière et gravée de motifs géométriques.

L’esprit rock injecté dans le design

La palette de matériaux se décline entre matériaux froids et brillants comme l’inox ou le verre, et matériaux chauds comme la moquette, velours et liège. La tension entre froid et chaud crée une tension intéressante.

Les détails rappelant le monde du spectacle sont partout comme les poignées de porte microperforées qui rappellent les grilles de micros de scène, tandis que les interrupteurs imitent les boutons rotatifs des amplis vintage. Même le son devient un objet de décoration, avec les enceintes Ojas en bois blond qui trônent dans les suites comme des pièces de collection.

La suite 63 de l'hôtel Bus Palladium avec sa moquette rouge rosé, ses murs en lièges, et ses rideaux en velours ocre

La suite 62 de l'hôtel Bus Palladium avec sa moquette rouge rosé et sa banquette sur mesure couverte d'un tissu en velours

La suite 63 de l'hôtel Bus Palladium avec son mur en liège derrière la tête de lit

Le mobilier : l’art de la chine et du sur-mesure

Pour parfaire cette ambiance Glamour Rock, le Studio KO a orchestré un savant mélange entre pièces vintage chinées et créations sur-mesure. On y croise donc des assises iconiques des seventies au confort langoureux, at autant de meubles vintage dans les chambres. Dans le restaurant, ce sont les banquettes et les tables qui rappellent l’esthétique des « diners » américains, réinterprétées avec des matériaux nobles comme du cuir patiné et du bois sombre.

Pour les pièces qu’ils n’ont pas chinées, le Studio KO a dessiné des créations exclusives qui semblent être là depuis toujours :

  • Des blocs de pierre et de bois : des tables basses ou des consoles très lourdes, très ancrées au sol, qui répondent aux murs en béton.
  • L’inox omniprésent : on retrouve des structures de chaises ou des piètements de tables en métal brossé, clin d’œil direct au mobilier industriel des clubs de l’époque.

Meuble vintage, bar à cocktail

Chambre 30, Hôtel Bus Palladium avec sa salle de bains, séparée par une vitre, cachée par un rideau

03 | Pourquoi cet esprit Glamour Rock est la tendance qui attire ?

Aujourd’hui, nos intérieurs cherchent à renouer avec une forme de théâtralité. Il y a ceux qui sont plutôt « cottage anglais« ; et il y a ceux qui aiment injecter dans leur intérieur, un côté irrévérencieux, amusant, kitsch et rock’n’roll. Vous ne serez pas étonnés de retrouver les codes des années 70 / 80 au cœur de ces envies.

Quelques pistes pour adopter le style
glamour rock du Bus Palladium chez soi

01 | Osez le contraste radical : Mariez un mur à l’aspect brut en béton structurel ou enduit en béton ciré avec des textiles comme le velours ou le cachemire.

02 | Misez sur l’inox ou aluminium brossé : Par petites touches, étagères, plateaux, luminaires, pour apporter ce reflet « miroir » typique des clubs branchés.

03 | Réhabilitez le liège : En panneau mural, il apporte une texture organique unique et une isolation phonique idéale pour votre coin musique.

04 | Créez un mur de miroirs dans une entrée, derrière un canapé : Ils ne servent plus seulement à agrandir l’espace, mais à fragmenter la lumière, créant un jeu de reflets presque hypnotique.

05 | Posez de la moquette aux teintes acidulées au sol : Elle revient pour son confort acoustique, mais surtout pour sa capacité à rendre une pièce immédiatement langoureuse, feutrée et terriblement sensorielle.

06 | Sténographiez vos collections : Comme le mur de vinyles de l’hôtel, transformez vos disques ou vos livres en un élément architectural à part entière.

07 | Adoptez le mobilier bas : Privilégiez des assises basses et profondes (canapés modulaires, fauteuils organiques) qui invitent à la détente. L’idée est de casser la rigidité du quotidien avec des formes qui évoquent le confort langoureux des lounges des années 70.

08 | Le détail « High-Tech » vintage : Ne cachez plus vos enceintes, choisissez des modèles au design affirmé qui deviennent des objets de curiosité.

Restaurant du Bus Palladium, ouvert 24 h sur 24, et son décor Glamour Rock

Espace desservant le restaurant en béton et inox sur lequel se reflètent les lumières

L’âme rock a-t-elle survécu ?

Si l’on en croit James Arch lui-même, qui avoue avoir eu la « chair de poule » en visitant le chantier, la réponse est oui. Le Bus Palladium 2026 ne se contente pas de copier le passé, il le réinvente et nous inspire une nouvelle grammaire décorative, faite de béton, d’inox et de velours. Cette esthétique séduit les citadins surtout, il faut le dire, les ex-clubbeurs, les nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pas forcément connu, les noctambules, les musiciens…

Comme le souligne Caroline de Maigret, dans les villes, l’endroit le plus cool est souvent celui des disquaires, des bars de nuit ou des cinémas underground… tous ces lieux un peu interlopes qui faisaient l’âme de Pigalle. En injectant cette dose de « nuit » chez nous, nous tentons de réintroduire une part de non-conventionnel et de piment dans notre quotidien.

Bus Palladium 2026 : Le nouveau manifeste de la déco Glamour Rock à découvrir sur Turbulences Déco

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