
Comment donner du charme à d’anciennes serres de la période victorienne ? Grâce à un mélange une palette de matériaux et de couleurs industrielle et un joli esprit bohème. Je suis toujours étonnée par la capacité des humains de retaper des biens immobiliers atypiques et improbables. La dernière en date est donc cette maison d’artiste, dans le Devon qui présente un charme fou et anticonformiste, propre aux lieux créatifs. Il faut être un brin imaginatif pour se lancer dans l’aventure d’installer un foyer au cœur d’un jardin clos abandonné. Le résultat est loin d’être standardisé, et c’est précisément cette « imperfection » qui pourrait vous inspirer si vous envisagez de réhabiliter une ancienne ferme restée dans son jus.
Il y a beaucoup de manières d’aborder la rénovation d’anciens bâtiments agricoles.
On peut faire table rase, mais c’est rarement l’option la plus inspirante. Ma règle d’or, comme je l’évoquais pour la Casa Coral la semaine dernière, est de préserver l’authenticité structurelle tout en injectant des matériaux actuels, égaux en qualité, pour obtenir un style Old New. Il serait dommage de recouvrir de placo des murs en pierre, nous perdrions tout le charme, et il serait aussi dommage de mettre du carrelage premier prix au sol.
Pour ce projet, le parti pris a été d’opter pour un style industriel doux en toile de fond, car le rustique et l’industriel partagent un point commun essentiel : l’amour des matériaux bruts qui vieillissent harmonieusement.
Autres inspirations





Une palette de matériaux modernes
Les bâtiments d’origine, construits en pierre locale et en brique, servent de socle historique. Le choix, fait par les propriétaires était de créer un contraste avec des matériaux issus du répertoire industriel :
- – Sols en béton cirés : Le béton ciré lisse les espaces au sol et apporte de la modernité à l’ensemble, tout en restant fidèle l’esprit « atelier ».
- – Bois de chantier : Utilisé pour l’ossature des vérandas, le bois de chantier, laissé dans son aspect d’origine, vient s’appuyer contre les murs de pierre laissés bruts. C’est une solution économique et esthétique qui fait écho à la structure primaire du bâtiment.
- – Inox brillant : Pour la cuisine, le choix s’est porté sur un bloc en inox, compact. Ce matériau professionnel et froid crée un contraste saisissant avec la chaleur de la pierre ancienne.
- – Détails de caractère : Un poêle en acier noir au design robuste, des cloisons en pavés de verre pour laisser circuler la lumière, et des tuyaux en cuivre laissés apparents comme des veines décoratives.




Faire entrer la lumière
L’un des plus grands défis quand on réhabilite des bâtiments agricoles comme un corps de ferme ou d’anciennes écuries, c’est de faire entrer la lumière sans dénaturer le bâti. Historiquement, pour des raisons d’isolation thermique, ces édifices présentaient peu d’ouvertures, et souvent de petite taille.
Dans ce projet, deux types d’espaces cohabitent et se complètent :
- – Les bâtiments anciens, situés à l’arrière : Ils ont conservé leur caractère protecteur, un peu refermés sur eux-mêmes. La solution ici a été de créer des fenêtres de toit qui permettent de faire tomber une lumière zénithale, transformant des espaces autrefois sombres en pièces claires sans toucher aux murs de façade.
- – Les anciennes serres : Métamorphosées en pièces de vie et chambres, elles offrent des espaces radicalement différents, hyper lumineux et complètement immergés dans le jardin.
Pour moi, l’un et l’autre présentent des avantages et des inconvénients selon les saisons. J’imagine que la sécurité thermique et l’intimité des murs épais doivent être appréciées en hiver, tandis que les serres, baignées de lumière, doivent être un régal absolu à la belle saison.
C’est ce jeu de contrastes qui rend l’architecture de cette maison si riche.




Un mobilier « bricolé » à l’esprit bohème
Une fois l’architecture posée, comment meubler de tels volumes sans tomber dans le froid ou l’impersonnel ? Ici, l’ameublement crée une ambiance bohème, inventive, simple et confortable.
Il ne s’agit pas d’un style boho bohème de catalogue. Il reflète plutôt le mode de vie du propriétaire artiste, dont on découvre le merveilleux atelier, installé dans un bâtiment à part. Rien n’est calculé, et c’est ce qui rend le décor vrai. On trouve des meubles de brocante, des chaises dépareillées et des pièces un peu bancales, laissées dans leur jus. Même si les éléments paraissent mal assortis au premier abord, ils dialoguent entre eux grâce à leurs matières et leurs tons terreux.
Ce mélange apporte de la chaleur au béton, aux pierres et à l’inox.
La décoration se compose aussi de souvenirs, d’objets rapportés de voyage et de textiles artisanaux. Chaque objet semble avoir une histoire à raconter. C’est le secret d’une déco vraie, créative : laisser de la place au hasard et à l’accumulation personnelle, tout en gardant un fil conducteur.






Cette propriété est à vendre sur le site immobilier The Modern House : The Walled Garden – Bampton, Devon
Cette rénovation nous enseigne que pour préserver l’esprit d’un lieu qui a une histoire, il vaut mieux le faire avec humilité. Beaucoup des remises en état de vieux bâtiments misent sur des matériaux industriels : acier, verre, béton et des couleurs sourdes, et ce pour de bonnes raisons. C’est un choix qui fait sens car, au fond, ce sont des bâtiments de travail. C’est d’autant plus vrai ici, où ces serres n’avaient jamais été habitées.
En mariant matériaux bruts à la poésie d’un mobilier chiné, les propriétaires on crée un foyer inspirant, au cœur d’un jardin centenaire, le genre d’endroit qui me conviendrait bien. Que feront les nouveaux acquéreurs, cela est une autre histoire ?
Et vous, vous en feriez quoi ? Vous sentiriez-vous de vous lancer dans une grosse réhabilitation ?
Dites-le moi en commentaire, je suis curieuse de connaître votre rapport à ces lieux qui ont déjà vécu plusieurs vies !








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